Le Nouvelliste | Haitian Construction Agency (UCLBP) Gives Voice to the Slums (French)

Le Nouvelliste | Published Oct 7, 2014

L’UCLBP donne la parole aux bidonvilles

La Journée mondiale de l’habitat a été célébrée, lundi, en Haïti autour du thème: « Voix aux quartiers précaires ». Sur la place Boyer à PétionVille, l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) a réuni en un seul lieu des experts en construction, des autorités concernées et simples citoyens pour poser la question de l’habitat dans le pays.

7 heures de rencontres, de débats et d’échanges. Une journée riche en information sur le bâti en Haïti. Une journée aussi pour l’UCLBP de faire l’inventaire de ses réalisations dans le pays pendant ces dernières années. Exposition sur les différentes interventions de l’UCLBP dans les quartiers précaires, projection de documentaires, animations culturelles sur le même thème. « Il ne faut pas considérer les quartiers informels ou précaires seulement en termes de manque – absence de services, d’infrastructures de base, etc. Ces quartiers sont aussi des territoires porteurs d’une promesse pour le développement », a soutenu Harry Adam dans son discours de circonstance.

Le directeur de l'UCLBP, Harry Adam × 1 Pour le directeur général de l’UCLBP, il faut donner la parole aux habitants des zones dites précaires. Les quartiers informels ne sont pas une exclusivité haïtienne, atil dit. A l’horizon de 2035 on estime qu’entre 40 et 50 % de la population urbaine mondiale vivront dans des bidonvilles. « En Haïti, nous devons tenir compte de cette réalité car c’est dans ces quartiers que vivent la majorité de la population urbaine, qui ne cesse de croître, a souligné M. Adam. Le phénomène des bidonvilles est donc une conséquence directe de cette croissance démographique non contrôlée, qui induit une pression sur le foncier et conséquemment favorise l’extension des villes et l’urbanisation sauvage sans planification préalable du territoire occupé. »

Dans les années 70, atil dit, 20% seulement de la population haïtienne vivaient dans les villes, a rappelé Harry Adam. Aujourd’hui, en 2014, 49% de notre population sont des citadins, soit presque trois fois plus de personnes en quarante ans. « La ville haïtienne est en constante évolution, a ajouté le patron de l’UCLBP. La réalité fait que nos quartiers informels participent pleinement à la fabrication de la ville haïtienne. Il faudra donc aborder sérieusement la problématique des quartiers informels. Ce qui implique de ne pas s’enfermer dans un cadre purement normatif.

Dans les quartiers pauvres des villes des pays du Sud, la grande tendance est que le terrain est d’abord occupé, construit, et viendront après, dans certains cas, l’aménagement et l’équipement. C’est aussi le cas en Haïti, et cela ne concerne pas seulement que les quartiers pauvres. Beaucoup de quartiers que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de « gwo katye » ont connu ces interventions a posteriori. » « Pour nous autres à l’UCLBP, pour d’autres responsables au niveau de l’Etat, la question est celle du fameux ‘’Que faire et comment le faire au mieux ‘’? La réponse est qu’il faut restructurer ces quartiers, en mettant en place quelques infrastructures et un minimum de service, en un mot une structure de base qui permet de compléter et ensuite de se développer dans la perspective de créer les conditions visant à améliorer les conditions d’existence des habitants », a discouru Harry Adam. Selon lui, pour faire face aux besoins actuels et futurs de la population en quête de logements, l’Etat met l’accent sur « l’anticipation, autrement dit, planifier en amont.

Des projets publics de logement visant à produire du tissu urbain seront mis en oeuvre selon l’approche dite ‘’Sites et Services’’. Dans le cadre de ces projets, l’Etat viabilise les terrains, les ménages achètent une parcelle et ensuite bénéficient de l’accompagnement technique et financier de l’Etat pour construire leur maison de façon progressive. »

Pour sa part, la coordonnatrice de programmes ONUHabitat, qui coréalise la Journée mondiale de l’habitat avec l’UCLBP, a indiqué que l’activité réalisée sur la place Boyer « démontre tous les jours que la ville, c’est vivre ensemble et que la création, la protection et la préservation du bien commun sont toujours le fruit d’une appropriation par la communauté. » « … institutions, professionnels, citoyens, nous sommes tous des coproducteurs de cette ville, c’est notre responsabilité, une responsabilité partagée que de redonner aux villes haïtiennes un cadre, une structure, une dimension qu’elles méritent et qui nous ressemblent », a déclaré Sandrine CapelleManuel avant de souligner que la «Voix des quartiers informels doit se faire entendre et nous devons lui donner les moyens de s’exprimer. »

Pour donner la parole aux habitants des quartiers informels, l’UCLBP a profité de la Journée mondiale de l’habitat pour organiser à la place Boyer plusieurs ateliers de débat au cours desquels la parole a été libérée. Autour de sous thèmes comme « Visions, orientations, initiatives étatiques et les autres alternatives possibles » ou encore « Les interventions dans les quartiers informels », des experts tels Harry Adam, Odnell David, Adeline Carrier (ONUHabitat), Clément Bélizaire, le sociologue Jacques Jean Vernet, Claude Jeudy de Habitat for Humanity, Aby Brun de CNIAH, entre autres, ont partagé leurs expériences et connaissance avec les participants.

L’occasion a été offerte également à des jeunes venus de quartiers précaires de s’exprimer à travers des représentations théâtrales, des chants et des textes de circonstance.

Harry Adam a salué le soutien de ONUHabitat, EPPLS, DINEPA, MTPTC, BMPAD, PADF, Habitat pour l’Humanité, Build, Change, GRET, CroixRouge a méricaine, OIM, JPHRO, Cordaid, Global Communities qui ont contribué à la célébration de la Journée mondiale de l’habitat en Haïti.