Le Nouvelliste | Distribution de 720 animaux de ferme aux familles de Mahotière et de Citerne Rémy

Dans le cadre du projet "Renforcer et améliorer les moyens de subsistance dans le département du Nord-Ouest d’Haïti," des animaux de ferme ont été distribués il y a peu à Mahotière, section communale de Port-de- Paix et à Citerne Rémy, section communale de Baie-de- Henne. Les animaux permettront aux familles de générer des revenus additionnels.

Yvenise Saint-Juste, accompagnée de son fils, était heureuse de faire partie des premiers bénéficiaires (Nathalie Cardichon, PADF)

Yvenise Saint-Juste, accompagnée de son fils, était heureuse de faire partie des premiers bénéficiaires (Nathalie Cardichon, PADF)

A Mahotière, la grande cour ressemblait à un ranch très animé. Des cabris, des dindes et des poules bêlaient, chantaient et roucoulaient à l’ombre de quelques rares arbres en attendant leurs nouveaux propriétaires. L’église du village abritait des centaines d’animaux. Des éleveurs, agriculteurs et résidents ont accueilli chaleureusement les représentants de la Croix-Rouge, de la Fondation panaméricaine de développement (PADF) et de Heifer International. Ils sont tous partenaires dans le cadre du programme financé par la Croix-Rouge américaine, intitulé Gran Nò Pi Djanm (GNPD).

"Il n’a pas plu depuis huit mois," dit Yvenise Saint-Juste. Elle vit avec ses six enfants à Mombète, une section communale de Mahotière dans le Nord-Ouest d’Haïti. Comme l’agriculture pâtit de la sécheresse, les résidents se tournent vers l’élevage comme source principale de revenus.

Les représentants de la Croix-Rouge, de la PADF et de Heifer International sont venus à Mahotière pour distribuer 720 cabris, poulets et dindes à plus de 90 familles. Ils sont nombreux à avoir passé sept heures sur de mauvaises routes pour se rendre à la cérémonie.

"La Croix-Rouge américaine contribue au financement du projet et est satisfaite des résultats, » dit M. Athus Pierre, directeur du programme Gran No Pi Djanm et chef de la sous-délégation du Grand Nord à la Croix-Rouge américaine. « Notre plus grand souhait est de revenir ici pour assister à une autre cérémonie où les premiers bénéficiaires qui ont reçu aujourd'hui des animaux passeront la première progéniture femelle à un autre bénéficiaire dans le besoin."

Nadia Cherrouk, directrice pays de la PADF en Haïti, a souligné l’engagement de la PADF à accompagner les communautés les plus vulnérables en leur donnant les outils pour sortir du cercle de la pauvreté extrême.

L’agronome Friedrich Nicolas, le directeur du projet pour la PADF, a insisté sur le bon usage à faire des animaux. "Leur destin n’est pas de finir dans la casserole. Ils doivent servir un but plus grand et aider les autres membres de votre communauté tout comme ils vous ont aidés. Partagez ce cadeau."

Yvenise Saint-Juste est venue à la cérémonie avec l’un de ses fils. "Je suis heureuse de faire partie des premiers bénéficiaires," dit-elle. Elle a reçu deux chèvres, un cabri, deux poules, un coq, deux dindes et un dindon. "C’est comme ça que nous parvenons à prendre soin de nos familles et à assurer l’éducation de nos enfants."

Depuis le lancement du projet fin 2014, plusieurs activités ont déjà porté leurs fruits, malgré les difficultés environnementales et la faible pluviométrie. Des agriculteurs ont bénéficié de formation sur de nouvelles techniques de préparation des jardins bio-intensifs. Les organisations de familles sont actives et quatre agents vétérinaires ont été formés. "En plus du don d’animaux, le projet a le mérite de réaliser des séances de formation sur les techniques agricoles, le développement communautaire et le leadership," dit Yvenise Saint-Juste.

Ces animaux sont comme une bouée de sauvetage pour les communautés du Nord-Ouest. "Beaucoup de gens ne connaissent pas la difficile réalité des sections communales," dit Hervil Cherubin, directeur de Heifer International Haiti. "C’est cela qui nous pousse à servir avec autant de passion. La philosophie de Heifer International est d’accompagner les communautés vulnérables de manière participative. Nous leur donnons les moyens de survivre longtemps après notre départ."