Delmas 32, un Exemple de Réhabilitation Urbaine Post-séisme

La Nouvelliste
January 15, 2016

Six ans après le séisme du 12 janvier 2010, les travaux de réhabilitation urbaine ont permis d'améliorer la qualité de vie de la population de Delmas 32 et d'autres quartiers limitrophes. 

Le Programme de reconstruction et de logement (Prodepur­Habitat/PREKAD de l’État haïtien dans les quartiers de Delmas 32 et ses environs, à travers le Bureau de monétisation d’aide au développement (BMPAD), qui a débuté en 2012, deux ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, tend vers sa fin. Pour les six ans du drame,les responsables du projet ont mis en avant l'impact des travaux qui ayant considérablement amélioré les conditions de vie des résidents.

Financé par la Banque mondiale et implémenté par le PADF (la Fondation panaméricaine de développement), ce programme est consacré à la réhabilitation et la construction de routes, couloirs, logements, kiosques d’eau et d’installation de lampadaires dans des quartiers partant de l’axe de Delmas 32 vers Delmas 40 B, la route de Bourdon et la rue Codada. De 2012 à nos jours, 1 117 maisons jaunes (c’est­à­dire des maisons endommagées) ont été réparées, 13,5 km de couloir réhabilités, 336 lampadaires installés et 43 000 km3 de débris ramassés, selon les responsables du PADF. « Trois jours après le tremblement de terre, j’ai visité des quartiers de Delmas 32. Certains quartiers étaient un amas de ruines », a indiqué l’ingénieur Jean Érick Deryce du PADF.

« Ce projet a trois phases. La première, la phase d’urgence, consacrée au déblaiement des quartiers et à la réparation des maisons endommagées, a facilité le retour des habitants à leur domicile. La deuxième, la phase de réhabilitation, dédiée au réaménagement des couloirs et des ruelles a permis de résoudre les problèmes de drainage, d’assainissement et d’insalubrité », a rapporté le directeur du projet. « Nous avons équipé les quartiers au même titre que n’importe quel autre. Nous avons désenclavé les rues », s’est réjoui M. Deryce. La troisième phase, de son côté, a indiqué le directeur, a été consacrée à la reconstruction.

Les différents travaux, a souligné l’ingénieur Deryce, se réalisent de concert avec l’entité appropriée de l’État haïtien. Les travaux de réhabilitation des kiosques d’eau ont été réalisés avec la DINEPA ( Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) et les travaux d’installation de lampadaires avec l’EDH (l’Électricité d’Haïti). Les travaux de réhabilitation de routes ont été réalisés avec le MTPTC (Ministère des Travaux publics, Transports et Communications) et des logements avec l’UCLBP (l’Unité de coordination de construction et de bâtiment publics).

Pour sa part, Charles Édouard Jean, le coordonnateur technique du projet, a informé qu’à la rue L’union, un amphithéâtre destiné à accueillir 350 personnes est actuellement en chantier. Selon lui, 80 logements doivent être construits aussi dans la zone, alors que 24 d'entre eux seulement sont en cours de réalisation. « Notre objectif, c’est de construire des bâtiments à mixité fonctionnelle, c’est­à­ dire qui peuvent servir de logements et de centres commerciaux », a fait savoir Charles Édouard Jean, soulignant que les bâtiments sont gérés par EPPLS (Entreprise publique de promotion de logements sociaux).

Tandis que le réseau routier de Delmas 32, de l’avis du coordonnateur technique du projet, accuse une superficie de 6.5 km, seulement 2.5 sont déjà achevés et 2.2 en cours de construction. Il a aussi fait mention du problème constaté au départ au niveau des points de distribution de l’eau dans la région. « Quand nous sommes arrivés sur les lieux de travail à Delmas 32, nous avions trouvé 12 kiosques, 9 d’entre eux ne fonctionnaient pas », a­t­il affirmé. Quatre ans après le démarrage du projet, Charles Édouard Jean , qui dit constater des progrès au niveau d’aménagement dans la zone, a indiqué que les responsables du PADF ont dû convaincre la DINEPA de passer à une distribution de l’eau par branchement dans les ménages. « Cette distribution se fera à partir du réservoir R145 qui se trouve à l’intersection des rues Norguès et Acacia », a­t­il précisé.

Expliquant les obstacles auxquels le projet a dû faire face au départ, le coordonnateur technique du PADF a fait remarquer que le programme n'était pas bien accueilli par une bonne frange de la population. « Quand nous sommes arrivés sur les lieux, certains membres de la population étaient hostiles envers nous. Actuellement, ils s’approprient le projet. Il y a un sentiment d’appartenance qui se développe au sein de la population et de fierté pour habiter la zone », a­t­il fait savoir tout en se félicitant du climat de confiance qui règne maintenant entre les habitants, les responsables du projet et l’État haïtien. Interrogé lors de la visite des lieux à la ruelle L’union lundi, Toussaint Léon, un bénéficiaire de logement, qui avait accepté d'être délogé pour la réhabilitation de la zone, se dit ravi de retourner dans son quartier.