Le Nouvelliste | Le relèvement de Delmas 32

Le Nouvelliste

Après les nombreux dégâts entraînés par le séisme du 12 janvier 2010, la nation a dû se relever tant bien que mal. Les initiatives pullulent, les ONG envahissent le pays pour exécuter des projets par-ci, par-là. Le maire de Delmas, Wilson Jeudy, se rappelle encore qu’au lendemain du séisme, une délégation de la Banque mondiale l’avait approché en ce sens, à son bureau. Le maire a tout de suite balancé son aversion pour les programmes couramment appelés « Cash for work » (argent comme rétribution). Même s’il reconnaît que ce type de programme avait le mérite de faire gagner de l’argent à quelques bénéficiaires.

Les membres de cette délégation demandaient au maire de préciser ce qu’il voulait pour sa commune. Wilson Jeudy a aussitôt demandé qu’on mette à sa disposition une enveloppe pour exécuter des projets utiles, durables, aptes à transformer un bidonville en village. Les membres de la délégation ont demandé au maire d’indiquer le lieu et Jeudy a immédiatement désigné Delmas 32. En réalité, le maire de Delmas voulait avoir, dit-il, un projet qu'on peut reproduire dans d’autres quartiers de la commune. Puis, la conversation a brusquement pris fin sans autre commentaire.

« Je pensais que tout était fini après cette rencontre. Pourtant, un mois après, la Banque mondiale via le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) est venue consulter la mairie une fois de plus », a confié M. Jeudy. Cette fois-ci, ajoute-t-il, ils sont venus annoncer qu’une enveloppe de 30 millions de dollars a été approuvée pour l’exécution du projet à Delmas 32. Une aubaine pour la zone qui gisait dans la crasse.

Le maire Wilson Jeudy, qui s’exprimait lors d’une visite guidée à Delmas 32, le jour qui ramène les sept ans du drame, appelle tout un chacun à comparer Delmas 32 tel qu’il est aujourd’hui et sa situation d’avant le tremblement de terre. Aussi remercie-t-il la Banque mondiale, le Pan American Development Foundation (PADF) et le BMPAD qui ont rendu le projet viable. « Je ne suis pas satisfait à 100%, mais je suis soulagé de constater la différence», a-t-il confié.

« Le Prodepur-habitat est venu se greffer sur un projet en exécution à Delmas 32, le Projet de développement participatif en milieu urbain (Prodepur) », a expliqué le directeur de la direction d'analyse et d'évaluation au BMPAD, Charles Edouard Jean. À la faveur des dégâts causés par le séisme du 12 janvier 2010, le gouvernement haïtien, la mairie de Delmas et la Banque mondiale ont décidé de profiter des acquis du Prodepur.

Vantant les mérites de ce projet de la Banque mondiale, Charles Edouard Jean s’est souvenu des péripéties des responsables pour trouver les titres de propriétés des victimes du séisme. Seuls 8 % des gens avaient un titre de propriété. Le financement des 3 500 dollars américains par famille pour la reconstruction/réhabilitation des maisons endommagées et étiquetées jaune par les Travaux publics ne pouvait suivre son cours normal. Les 92 % des propriétaires ne pouvaient exhiber leurs titres.

Des 42 000 mètres cubes de débris enlevés à Delmas, en passant par la formation de techniciens, à la construction des 13,5 km de route, de couloirs réalisés, la Banque mondiale et le BMPAD ont jeté leur dévolu sur ce quartier et le jour symbole du 12 janvier 2017 pour battre la grosse caisse sur les différentes réalisations. Le Projet de Reconstruction des Quartiers Défavorisés (PREKAD) et du Projet de Développement Communautaire Participatif en Milieu Urbain (PRODEPUR Habitat) est financé par la Banque mondiale, à hauteur de 65 millions de dollars pour une durée de cinq ans.